La géographie « potagère » ne connaît pas de frontières … Le potager conservatoire de Valmer l’a récemment démontré en invitant une délégation de l’Institut Vavilov  de Saint-Pétersbourg, qui possède des graines introuvables venant de la … Touraine.

jardin_de_valmer_russes_001En 1894, date de création de l’Institut Vavilov, les botanistes, biologistes, ingénieurs agronomes, forestiers et fermiers ont en charge la collecte des plantes sauvages.

Plus tard, le développement intensif de l’agriculture fait apparaître un manque de classification des plantes cultivées, et pour remédier à cette carence, les chercheurs réalisent une vaste campagne de prélèvement.

C’est alors qu’entre en scène un jeune chercheur en botanique Nikolaï Ivanovich Vavilov.

Emule de Darwin, Nikolaï met en évidence les relations entre les espèces sauvages et les espèces cultivées, puis établit une loi des séries homologuées dans la variation héréditaire des hybrides.

La direction du Bureau de Botanique Appliquée, l’actuel Institut Vavilov, lui est confiée. Sous son impulsion, des dizaines d’expédition horticoles sont organisées dans le monde.

Malheureusement, l’été 1940 le verra accusé d’espionnage  contre l’URSS. Arrêté, le malheureux décèdera en 1943.

Avec la menace hitlérienne, le gouvernement soviétique protège ses collections. 6 000 variétés de pommes de terre sont transférées prés du consulat … allemand, « préservé » des bombardements !

En 1946, l’Institut réussit à restaurer la viabilité génétique de la plupart de ses graines, et 1955 voit la réhabilitation de Nicolaï Ivanovich Vavilov .

Il y a quelques années, à l’initiative de la créatrice du potager conservatoire de Valmer, Alix de Saint Venant, et de son jardinier, Sébastien Verdière, des échanges «  potagers » avec l’Institut sont entrepris.

Dernièrement, Sergueï Alexanian, Léonid Burmistrov et Valentin Burenin ont pu échanger in situ avec leurs homologues français.

La délégation russe précise que « … l’Institut souhaite poursuivre et élargir les échanges botaniques en direction des institutions et des privés, mais que ces échanges risquent d’être cruellement freinés pour des raisons économiques … ».

En effet, la multiplication des gènes et leur envoi dans le monde entier représentent un coût. Ce coût est justifié lorsque l’on sait que la réactivation de certains de ces germes dépend essentiellement de leur milieu d’origine.

Faisant parti des 11 banques de gènes qui existent actuellement au monde, l’Institut Vavilov a signé un contrat avec l’INRA en 1992 .

Actuellement les recherches s’orientent vers les légumineuses, les tomates et le blé.

AL