livreActuellement, je relis avec une certaine délectation l'excellent roman de Jean d'Ormesson paru en 1974 aux éditions Gallimard (réédité de nombreuses fois depuis cette date) intitulé "Au plaisir de Dieu". C'est ici l'histoire d'une famille imaginaire, brillamment repensée, avec une sorte à la fois, de lassitude et d'allégresse. C'est surtout la description de tout un pan de la société française que nous voyons s'écrouler sous nos yeux. Nous sommes dans les années 60. J'ai choisi de retranscrire un extrait qui a pour fil conducteur l'argent, l'argent, nerf de la guerre, surtout en temps de crise.  

" … Puisque, riches et pauvres, tout le monde aujourd'hui consume à s'en occuper le plus clair de son temps, il me faut bien dire un mot de l'argent. On aurait pu croire, chez nous, que l'argent n'existait pas. Il n'existait pas, évidemment parce que nous en avions. Mais personne, jamais, n'aurait eu le front d'en parler. Ni, naturellement, d'en gagner. L'argent, comme le cancer, la tuberculose, les maladies vénériennes, était l'objet d'un traitement qui consistait d'abord à le plonger dans le néant …"

Heureux temps où son existence était ignorée !